Image animée : Simon Bailly / Libération

// Article de Didier Arnaud, publié dans « Libération » du 10 décembre 2019

Environnement, social, éducation, consommation… Ils s’engagent au quotidien. Aujourd’hui le skipper Thomas Ruyant et l’association Imagine.

Il s’est servi du dernier Vendée Globe comme d’un porte-voix pour l’association « Imagine » avec son bateau « Souffle du Nord ». « Imagine » est cette ONG qui réalise des films qui informent, inspirent et poussent à l’action, en mettant en scène des « héros humbles ». Thomas Ruyant, navigateur de 39 ans, vient de finir, il y a un mois, quatrième de la transat Jacques Vabre. Sur les voiles de « Souffle du Nord », un immense Colibri, l’oiseau qui tente d’éteindre l’incendie avec quelques gouttes d’eau. Qui n’y parvient pas, bien sûr, mais peut se dire: « j’ai fait ma part ».

Lors de cette course, Thomas Ruyant a fait mentir l’adage selon lequel les marins sont solitaires et individualistes. Il s’en défend, d’ailleurs: « c’est un milieu qui s’engage. On est les premiers touchés par les problèmes environnementaux. On a la chance d’avoir de beaux bateaux, très « visuels », sur lesquels on peut mettre en avant des combats, c’est un bon et beau support ».

« Imagine », c’est aussi le combat d’une femme, Frédérique Bedos, qui vient d’une famille de dix-sept enfants, tous adoptés, quoique considérés comme « inadoptables » qui veut « mettre en avant tout ce que l’homme a de bon », résume Thomas Ruyant. Un engagement qui, selon lui, l’a fait « grandir », a fédéré beaucoup de monde autour de lui, car il a, selon ses mots, « touché les gens ». Il a permis de mettre en relation plus de 180 entreprises et 2000 particuliers, des écoles des associations, pour monter des projets solidaires (2).

Philosophie

Auparavant, Ruyant n’avait jamais eu d’engagement particulier. Mais a toujours fait « attention » à ce qui l’entoure. Ce projet pour le « Vendée », il dit l’avoir pris « en pleine figure ». Même s’il ne se considère pas comme un personnage parfait, ni donneur de leçons. Il pense juste avoir contribué modestement à aider « à faire tourner le monde un peu plus rond ».

« Cela tombait bien dans ma vie d’homme », explique-t-il. Mettre une ONG dans mes voiles, c’était super ». Le skipper raconte que son entourage a été « embarqué », que ses proches ont fait « beaucoup de rencontres », que certains se sont engagés, que l’ensemble a permis de « réveiller quelques consciences ». Ruyant ne pense d’ailleurs aujourd’hui qu’à une chose, « repartir et retenter l’aventure ». Prochain objectif, le Vendée Globe 2020 avec le bateau « Advens », son sponsor, premier « pure-player » français de la cybersécurité.

Dans le film réalisé par Jean-Marc Descamps, « L’odyssée du Colibri », on voit des supporters, nombreux et enthousiastes, confier que ce que réalise Thomas est « un souffle d’amour contagieux ». Au 26e jour de course, il casse quatre lattes de sa grand-voile. Il sort sa scie et sa perceuse… Au 29e, il est à quarante nœuds et trouve cela « assez stressant ». Puis il est victime d’une « énorme voie d’eau » et il bouche le trou avec un ciré, par quarante nœuds et cinq mètres de creux. Il répare. Pendant ce temps, Frédérique Bedos égrène la philosophie du Colibri qui est celle du « courage et de l’abnégation, qui va permettre à Thomas de trouver des forces qu’il ne soupçonne pas en lui » Prémonitoire?

41e jour de course. Des pointes à cinquante nœuds. Des paquets d’eau entrent par l’arrière. « Je suis un peu tendu, je m’attends à prendre une bonne dépression. Vivement le Pacifique en espérant qu’il soit clément », lance Thomas à la barre. Et puis le choc. Un conteneur? Le bateau explose. « Il est cassé de partout, je l’ai senti se tordre, je suis tellement déçu », lâche le skipper. 42e jour de course. La coque est en train de s’ouvrir, Ruyant tente de faire route vers le sud de la Nouvelle-Zélande. Il atteindra finalement le port de Bluff…

Poèmes

A son arrivée, il confie au magazine Le Journal à part: « je voudrais mettre en parallèle mon arrivée en Nouvelle-Zélande avec l’arrivée aux Sables d’Olonnes qu’on aurait aimé vivre. J’ai donc amarré à Bluff, un petit port du bout du monde, aidé par un Néo-Zélandais. Un pêcheur entre dans la darse et fait un demi-tour très proche de mon bateau. L’homme me lance un sac plastique sur le pont, me salue en souriant avec sa casquette avant de repartir. Il contenait neuf homards vivants. Le soir on était 3, on a mangé 3 homards chacun ! Une belle rencontre du bout du monde après trois jours sans sommeil et le relâchement de la pression ! »

A Bluff, Thomas Ruyant croise la route d’Enda O’Coineen, navigateur irlandais hors-norme qui déclame des poèmes en barrant, engagé lui aussi auprès des jeunes en galère. Compagnon d’infortune de Ruyant, il a atterri chez les kiwis, bateau en rade. Le bateau réparé, Thomas Ruyant reprendra la mer avec lui. Ils ramèneront le « Souffle du Nord » ensemble. Avec cette maxime de l’écrivain George Bernard Shaw inscrite sur la coque : « An irishman heart is nothing, but his imagination ». Le cœur d’un irlandais n’est que son imagination… Celui de Thomas Ruyant également.

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