38ème jour Acte III
24°23 S – 41°27 O

A environ 150 milles de Rio de Janeiro, nous sommes passés, sans vraiment le faire exprès, au beau milieu d’un des plus grands champs pétrolifère offshore du monde.
Zigzaguer entre les plates-formes pétrolières et leurs navires supports est une formidable expérience…. Mais aussi très risquée ! Cet épisode était le plus marquant de ces derniers jours durant lesquels nous avons encore été attrapés par une zone sans vent.

Pour un temps, un passage à Rio et l’occasion de voir son carnaval aurait pu être envisagé car nous nous sommes rapprochés jusqu’à 80 milles de la côte avant de virer pour repartir vers l’Est. Mais cela n’aurait pas été pour des problèmes à bord. En effet, que ceux-ci soient techniques ou psychologiques, la vie sur ce bateau, est une recherche permanente de solutions à des problèmes qui apparaissent constamment, et pour lesquels nous avons toujours trouvé – et nous trouverons toujours (!) – des solutions !

Les vents sont pratiquement absents, nous passons en fait de nuage en nuage. Dans ce contexte, la gestion de l’énergie devient une préoccupation. Celle-ci est indispensable au pilote automatique, à la cartographie, aux éclairages de sécurité et à la production de l’eau. Mon moteur auxiliaire et son alternateur sont HS, et nous n’allons pas assez vite sur l’eau pour pouvoir compter sur nos hydro-générateurs

Note du traducteur : une hélice, entraînée par le mouvement du bateau, est reliée à un alternateur et exploite le flux de l’eau pour produire de l’électricité stockée dans des batteries. C’est le principe de l’éolien appliqué au sillage du bateau, ou de la dynamo qui permet de faire fonctionner l’éclairage sur un vélo.

Nous avons environ 30°C ici sans protection pour le soleil car il est principalement situé dans le secteur Sud-Ouest et nous faisons route au Nord-Est… Je cuis comme une saucisse sur le grill !

Etant donné sa forme très verticale, j’ai tout d’abord cru qu’il s’agissait d’un voilier avant de me rendre compte, alors qu’il grandissait de plus en plus, que c’était en fait une plate-forme pétrolière. Le soir est alors tombé, et dans l’obscurité, la lueur des gigantesques flammes de gaz brulé qui s’échappaient faisait penser aux illuminations d’un soir de Noël sous stéroïds.

Nous étions donc sur le champ pétrolifère Lula du bassin de Santos. Il est considéré comme la plus grande découverte de réserve de pétrole depuis 30 ans. La fourchette haute des estimations lui donne un potentiel de 30 milliards de barils. Et dire que certains nous disent que la planète est bientôt à cours de pétrole…

Découvert en 2008 par Petrobas, le conglomérat pétrolier brésilien, le premier baril a été produit en 2011, et l’objectif actuel est une production de 500 000 barils par jour. L’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula de Silva, qui a d’ailleurs donné son nom au champ pétrolifère, a dit de cette découverte qu’elle représentait une seconde indépendance pour le Brésil.

Le pétrole est situé sous les eaux. Le sol est à environ 3 kilomètres de profondeur, puis il faut encore forer plus de 3 kilomètres dans des couches de sel, sable et rochers. Cela est rendu possible par les améliorations technologiques dans plusieurs domaines et augure un développement important des champs pétrolifères offshore pilotés par de super ordinateurs, avec des nouveaux matériaux, des capteurs sous-marins et bien plus !

C’est un domaine attractif pour les compagnies pétrolières. Là où sur la terre 3/4 des réserves connues leur sont interdites pour des raisons de choix des populations, les critères économiques et politiques sont plus simples en offshore.

Pour ma part dans ce vaste océan, je suis bien content de n’avoir à gérer sur mon bateau que les membres de l’association des résidents du Sud Atlantique. Bien souvent lorsque nous avons des désaccords, il suffit d’un verre de whisky et d’un bon cigare pour mettre tout le monde d’accord.

Bon, j’admets que ce sont finalement des denrées assez rares dans les environs, surtout quand on se dit qu’un baril de pétrole coûte 5 $ et ma bouteille de whisky 30 $ !

Cela étant dit, étant donné les complexités géologiques, il y a énormément de risques liés au développement de cette activité. 1 milliard de dollars étaient déjà dépensés avant de produire quoique ce soit, et les coûts estimés d’extraction sont chiffrés entre 50 et 100 milliards de dollars.

Et évidemment il n’y a pas eu que des réussites. La mise en place de tout ce matériel a vu passer de multiples accidents avec des explosions dans lesquelles malheureusement des hommes sont morts, et aussi le naufrage de ce qui était considéré comme une des plus grandes plates-formes pétrolières du monde.

Revenons à bord de ce qui est finalement en comparaison un tout petit voilier alors que nous naviguons au travers de ce champ pétrolifère en mode « conservation d’énergie » ! Nous avons dû débrancher tout ce que nous pouvions, du téléphone satellite jusqu’au baromètre électronique ! J’ai dû aussi barrer plusieurs heures pour éviter l’utilisation du pilote automatique qui est une source importante de dépense d’énergie.

Et c’est comme ça que le beau voyage du « gang » « Souffle du Nord – Kilcullen Team Ireland » continue, à travers ses hauts et ses bas ! Tout comme nous tous qui habitons le même petit monde, à travers nos défis et nos réussites, c’est toujours un jour après l’autre !

L’équateur se rapproche de plus en plus. Bien que très différent de notre dernière étape forte – Le Cap Horn – il m’amènera sans doute, mais d’une manière différente, son lot de difficultés avec à la clé une autre étape importante de franchie !

A la suite des sages de tous les temps n’oubliez jamais cette maxime :

« When the going gets tough,
the tough get going
And the big secret to good navigation
Is to steer around the rocks
Power be damned »

« Dans la vie, Somme des emmerdes = Constante,
Et le plus grand secret des bons navigateurs,
Est de toujours contourner les rochers…
Sacré fichue énergie !!! »

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