23ème jour Act III
53°23 N – 66°09 O

Au cœur d’énormes vagues, avec 40 nœuds de vent constant et des pointes à 50 nœuds, nous étions vraiment sur le fil du rasoir juste avant de passer le Cap Horn. Les conditions très agitées envoyaient le bateau dans tous les sens, chahuté par les vagues. J’aimerais pouvoir vous dire que je n’avais pas peur et que je n’étais pas nerveux, mais je l’étais, et terrifié même. Mais j’étais là où j’avais voulu être, et il n’y avait pas de retour possible.

Le passage, à 22h41 le 16 février 2018, a dépassé tout ce à quoi je m’attendais.

Je peux vous confirmer, par cette expérience, que les réputations du Cap Horn, des 40èmes rugissants, des 50èmes hurlants et des 60èmes mugissants, ne sont pas démodées (même pour un homme de mon âge !).

Dans cette zone géographique, qui forme une bande au bas de notre planète où mes vents et les océans tournent tout autour du monde d’Ouest en Est quasiment sans interruption, Le Cap Horn est un endroit spécial.

Les vents sont accélérés par l’effet entonnoir des Andes et de la péninsule Antarctique. La profondeur des fonds marins étant moins importante, l’état de la mer se modifie avec des vagues beaucoup plus hautes et courtes (jusqu’à 30m de haut). Il y a en plus des possibilités de présence d’Icebergs. Tout cela accroit les risques pour les bateaux.

Comme par magie, très peu de temps après avoir passé le Cap, c’était d’un seul coup comme si j’entrais dans le jardin d’Eden (sans Eve et sans pommier). L’air s’est réchauffé, le vent a baissé, et la mer – à l’abri de la Terre de Feu – s’est assagie. Je savais pourtant, qu’au même moment au Cap Horn le vent hurlait encore.

Pour nous souhaiter la bienvenue, l’association des Résidents de l’Atlantique Sud avait prévue une réception imaginaire au Champagne ! C’était la fête sur le bateau !

Le retour à la réalité a pourtant été assez rapide. J’ai dû m’atteler à une réparation importante sur mon énorme grand-voile, afin de préparer le magnifique navire dont j’ai le grand honneur d’être capitaine aux prochains 8 000 milles qu’il me reste sur l’Atlantique pour terminer cette expédition. Et l’on sait que chacun d’entre eux compte pour Le Souffle du Nord, Le Projet Imagine et Atlantic Youth Trust !

Parmi toutes les histoires des aventuriers et poètes qui ont décrit à leurs manières le passage de ce très célèbre bout de terre, je voudrais citer :

« One sight of such a coast is enough
To make a landsman dream for a week
About shipwrecks, peril and death »
– Charles Darwin –

« Une seule vue de cette côte suffira
À hanter un terrien pour toute sa vie 
De rêves de naufrages, du péril et de la mort »

« Cape Horn that tramples beauty into wreck
And crumples steel
And smites the strong man dumb »
– John Maesfield –

« Le Horn, ce cap qui…
Piétine la beauté et la change en épave,
Froisse les aciers comme on le ferait du papier,
Et ramène à leur faiblesse les hommes trop arrogants »

En savoir plus sur le Cap Horn

L’origine du nom est néerlandaise (« Kaap Hoorn »), le cap ayant été baptisé ainsi en l’honneur de la ville de Hoorn, aux Pays-Bas, par le marchand hollandais Jacob Le Maire, accompagné du navigateur Willem Schouten, qui doublent la pointe extrême de l’Amérique le 31 janvier 1616. […]

Le cap Horn est également le plus au sud des grands caps, et il marque la frontière nord du passage de Drake. Pendant de nombreuses années, il a été un point de passage crucial des routes commerciales entre l’Europe et l’Asie. Elles étaient empruntées par les voiliers pour transporter les marchandises tout autour du globe, et ce bien que les eaux océaniques autour du cap présentent de nombreux dangers : tempêtes fortes et fréquentes avec une mer très grosse, courant circumpolaire antarctique et présence possible d’icebergs voire des vagues scélérates.

Ces dangers et l’extrême difficulté de son franchissement ont donné au cap Horn son caractère légendaire, mais aussi la réputation d’être un cimetière marin. Il est parfois surnommé le « cap dur », le « cap redouté » ou le « cap des tempêtes ». […]

De nos jours, grâce au canal de Panama, les navires cargos ne sont plus dans l’obligation d’emprunter la route du cap Horn. Ce dernier continue cependant à en voir passer ainsi que des bateaux de pêche locaux, des bateaux de croisière et des bateaux de plaisance qui veulent relever le défi que représente son franchissement, parfois au cours d’une circumnavigation. Plusieurs courses à la voile parmi les plus importantes, comme le Vendée Globe, passent par le cap Horn, de même que les grands navigateurs qui cherchent à battre le record de vitesse du tour du monde à la voile. […]

La tradition voulait qu’un marin victorieux du passage du Horn (un « Cap-hornier ») puisse porter un anneau en or sur son oreille gauche, car c’est de ce côté que l’on longe le cap lors de la traversée d’ouest en est, le sens considéré comme classique. L’autre privilège était de pouvoir dîner avec un pied sur la table, la possibilité d’y mettre le deuxième étant réservé aux marins ayant également passé le cap de Bonne-Espérance. Une autre coutume veut aussi qu’un marin ayant passé à la voile les trois caps (Horn, Leeuwin et Bonne-Espérance) gagne le privilège de « pisser et de cracher contre le vent ».

Plus d’infos sur Wikipédia >> https://fr.wikipedia.org/wiki/Cap_Horn

NB : traduction libre et poétique de l’équipe du Souffle du Nord !

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