18ème jour
53°24 N – 98°04 O

Quels exercices avec ma grand-voile ces derniers jours… Hisser, Affaler, Hisser, Affaler… C’est une sorte de routine de folie qui est épuisante mais nécessaire à chaque fois.

La dernière fois, j’ai dû affaler car une drisse, qui était un peu lâche, s’était enroulée sur différents endroits du gréement dont les outriggers. Il s’était avéré plus prudent d’affaler avant que je puisse grimper au mât et dans les outriggers pour démêler tout ça.

Et c’est reparti pour un tour car j’ai encore dû affaler ma grand-voile !
Dans une bourrasque, la 3ème latte que j’avais déjà réparé a cédé. Et si ce n’était pas assez, la latte cassée, remuant violemment avec le vent comme une sorte d’escrimeur incontrôlable, a percé la grand-voile en plusieurs endroits.
Il me faut maintenant attendre des conditions météo plus calmes pour réussir à mettre des patchs sur la voile pour la réparer, et pouvoir la renvoyer. Heureusement, il semble pour le moment que naviguer avec ou sans grand-voile ne fait pas une grande différence.

C’est certain que dans de grosses conditions, naviguer sans grand-voile est plutôt ennuyeux. Pour autant c’est bien moins stressant. On n’a pas à se soucier du risque d’un gybe (empannage) involontaire et des dommages qui pourraient en résulter. Généralement, avec la grand-voile, je ne fais pas d’empannage avec un vent qui dépasse 20 nœuds. A la place je fais un virement de bord et un 360°. C’est souvent difficile si la mer est forte, mais moins risqué et on a tout notre temps !

Quelles nouvelles des derniers jours ?

Et bien je navigue avec uniquement une voile d’avant à poste, le vent d’Ouest est stable avec 25 à 30 nœuds, mais très froid.

Nous avons plutôt bien avancé, avec une vitesse de 10 à 15 nœuds qui nous rapproche toujours plus de l’insaisissable Cap Horn dont les membres de l’association des résidents du sud de l’Océan Pacifique ne cessent de parler, ainsi qu’un visiteur mystérieux la nuit dernière.

Vivant dans ma bulle sur mon bateau, isolé, je me sens pour le moment comme détaché de ce qu’on appelle « Le Monde ».
J’apprécie pourtant énormément tous les encouragements que je reçois de l’extérieur. Par les informations qu’ils m’ont envoyé, je me rends compte que les projets du Souffle du Nord et du Projet Imagine turbinent à fond ! Mille après mille le compteur avance, c’est très encourageant ! De la même manière en Irlande, les écoles suivent notre périple et cela aide aussi à la promotion de notre projet Atlantic Youth Trust.

Note du Souffle du Nord

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Le décalage horaire est en constante et très lente évolution.
Comme je fais route plein Est, tous les jours le soleil se couche un peu plus tôt et c’est assez perturbant. Souvenez-vous que nous avions traversé la ligne de changement de date à la longitude 180° il y a quelques jours, nous sommes maintenant à la longitude 100°. Alors plutôt que de fonctionner avec une heure « de bord », je me cale sur l’heure GMT (l’heure du méridien de Greenwhich) ce qui fait qu’en ce moment la nuit tombe aux environs de 14h30 et le jour se lève vers minuit.

C’est censé être l’été ici… si c’est vraiment le cas je détesterais passer dans le coin durant l’hiver !
Le froid est pénétrant. La seule manière de s’en protéger est d’empiler les couches de vêtements (3 minimum) et d’appliquer absolument une crème protectrice pour la peau à chaque fois qu’on doit sortir sur le pont. L’humidité s’insinue partout, même dans mes vêtements via la transpiration lorsque je fais un effort. Inutile de dire que je ne me change pour le moment pas très souvent, et je plains celui qui sera près de moi lorsque j’enlèverai mes sous-vêtements techniques.

La routine des heures de repas, de siestes, de travaux de maintenance, et de rêverie me gardent heureusement en assez bonne santé mentale… ou pas !

C’est la question que je me suis posé le soir dernier lorsque au milieu de notre séance de débriefing de la journée avec les membres de l’association des résidents du Pacifique Sud nous avons eu la visite virtuelle d’un étrange personnage. Semblant âgé d’une vingtaine d’années, il nous a dit être un marin britannique qui se fait appeler « l’homme du Cap Horn ». Il serait tombé en mer lors d’un passage du Cap, et comme son corps n’a jamais été repêché, il hante maintenant ces eaux pour l’éternité en mettant en garde les capitaines de navires…

Mes dernières pensées du jour seront consacrées à la méditation de la dernière strophe d’Invictus de William Ernest Henley qui m’a été gentiment envoyée par Bettina, chargée de production de films dans l’équipe du Projet Imagine :

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

L’étroitesse de la porte m’importe peu,
Ainsi que le nombre de châtiments,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

NB : traduction libre et poétique de l’équipe du Souffle du Nord !

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