11ème jour
Lat 44°16 S – Long 130°1 W

Aujourd’hui, en réunion solennelle avec l’ensemble des représentants de l’association des résidents du Sud Pacifique, nous avons décidé, sur Le Souffle du Nord – Kilcullen Team Ireland de célébrer le « Waitangi Day » (1). Le président du comité d’administration avait en effet considéré que cela était de circonstance, étant donné notre position exactement à mi-chemin entre le Chili (territoire sur lequel est le Cap Horn) à 2 500 milles devant nous et la Nouvelle Zélande, à 2 500 milles derrière.

Profitant que nous avançons plutôt bien, le conseil d’administration a fait passer une motion pour engager le Skipper à travailler sérieusement ses compétences en français. La raison est qu’à bord, la grande majorité de nos équipements de back-up est en français, et que pour faire avancer le bateau et faire fonctionner tous les systèmes j’ai besoin d’un français correct. Cela sera aussi utile pour faire aboutir toutes les futures opportunités qui découleront de notre partenariat avec Le Souffle du Nord et qui, si elles s’accomplissent, verront les retraités abandonner leurs cannes et danser de joie dans les rues de Lille…

Je regrette bien aujourd’hui d’avoir été un tel cancre à l’école et d’avoir dû abandonner les cours de français. Les mauvais élèves étaient redirigés vers les cours de commerce !

Il est amusant de penser que si Napoléon n’avait pas choisi de partir vers l’Est avec ses troupes qui ont gelées sur les routes de Moscou, il aurait peut-être choisi de venir envahir l’Irlande… Nous aurions alors sans doute tous souffert d’un complexe de supériorité, parlerions français tout en mangeant du fromage… Heureusement nous parlons anglais et sommes politiquement tellement bien équilibrés que nous cherchons à défier tous ceux qui passent devant nous.

La raison principale de la célébration que nous avons faite à bord aujourd’hui est que nous avons bénéficié avant notre départ d’Auckland d’une véritable bénédiction Maori et nous transportons d’ailleurs à bord des symboles spirituels qui nous la rappellent, et notamment les pierres « Roimata » ou « Larmes de joie » sur lesquelles sont inscrites ces 3 phrases :

  1. Concentration, sur ta destination
  2. Liberté, d’être celui que tu veux être
  3. Joie, la vie est belle

Nous sommes actuellement sur l’un des points les plus isolés de la planète, les îles les plus proches sont à plus de 1000 milles, et avec la fusion des associations des résidents du Pacifique Sud, de l’Indien, et de l’Atlantique Sud, célébrer Waitangi paraît finalement très naturel.

Autre chose à savoir à propos de ce jour qui est célébré comme un jour de fête en Nouvelle-Zélande, il est aussi symbolique pour certains activistes Maori qui en font une journée de protestation.
Lors de notre séjour nous n’avons pas constaté d’opération de ces activistes Maori. Pourtant, et en restant dans notre univers maritime, nous avons été horrifiés d’apprendre qu’il y a 20 ans l’un de ces activistes avait eu accès au Trophée de l’America’s Cup, alors remporté par les néo-zélandais, et l’avait fortement endommagé. Il avait dû être rénové par les constructeurs originaux et est maintenant aussi bien gardé que Fort Knox.

A bord, dans mon monde réel et irréel, notre avancée est constante. Nous sommes sur le même bord et avec les mêmes voiles depuis plusieurs jours. Le vent d’Ouest reste entre 15 et 20 nœuds et les jours se répètent avec un panaché de ciel couvert et de bruine. Cette deuxième semaine ressemblerait presque à une routine comparée aux difficultés que nous avons connu à bord la semaine dernière : casse, réparations, et encore des réparations…

Et pour parfaire cette belle journée de Waitangi, le Skipper et l’ensemble du Conseil d’Administration sont sortis diner dans le meilleur restaurant du bateau. J’ai pu apprécier un magnifique steack, avec ses champignons, oignons, légumes frais et bien entendu accompagné de frites ! Ah, si seulement ce beau rêve eu pu être la réalité…

Comme le répondait Thomas Moore à un membre du clergé qui lui affirmait que désirer et commettre un péché étaient aussi grave, et que ces deux choses seraient punis de la même façon dans l’au-delà :

And, if wishing damns us, you and I
Are damned to all our heart’s content:
Come, then, at least we may enjoy
Some pleasure for our punishment

Si nos désirs seuls peuvent nous accuser,
Nos cœurs, petits fripons, sont déjà condamnés :
Perdus pour perdus, allons ma mie à loisir,
Muter nos pensées en actes, pour en tirer plaisirs !

NB : traduction libre et poétique de l’équipe du Souffle du Nord !

PS : Alors que ce Log est prêt à partir, la bôme vient de se décrocher du vit de mulet… Pas de casse, juste quelques vis à remettre, mais je dois pour cela affaler la grand-voile et la rehisser ensuite… Seul et balotté par la mer… Un bel effort en perspective, mais rien d’infaisable !

(1) Waitangi day. Fête nationale de la Nouvelle-Zélande qui est observée dans tout le pays et célèbre le traité de Waitangi, signé le 6 février 1840. À travers ce traité, l’empire colonial britannique fait de la Nouvelle-Zélande l’une de ses colonies mais laisse une certaine « liberté » aux Maoris. En effet, il leur garantit le droit de conserver leurs terres et leur offre les mêmes droits qu’aux citoyens britanniques. Les Maoris ont toujours vu ce traité comme un accord sacré, qui fallait assidument respecter.   >> En savoir plus

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