9ème jour
46°53 Sud , 148°25 Est

Les deux derniers jours ont été horribles.

Ils ont été principalement occupés, alors que je n’avançais pratiquement pas sur mon parcours, à utiliser les 12h de lumière du jour pour travailler intensément à des travaux de réparation. D’abord sur mes lattes puis sur quelques autres bricoles.

Elle avait été énoncée fort justement par le grand philosophe américain Murphy (qui aurait d’ailleurs presque mérité d’être irlandais ou français) dans ce qui est mondialement connue comme la loi éponyme et qui s’est encore imposée sur notre bateau pour une belle étude de cas :

« Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera mal ».

Et il était considéré comme un optimiste !!!

Cela me fait penser au principe des causes à effets entre 2 éléments apparemment sans rapport et de la grande influence que cela peut avoir sur nos civilisations. Vous savez, c’est ce que l’on dit du fait que de très petites choses – comme un battement d’ailes de papillon ou l’activité d’un colibri dans la jungle – peut déclencher soit des événements catastrophiques soit des choses magnifiques. Et selon chacun cela peut-être arriver en retard à un diner ou déclencher un holocauste nucléaire. Les gens… peuvent s’impliquer avec autant de passion ou d’intensité pour des haricots en conserve que pour des événements très profonds.

Cela n’a rien à voir avec ça, mais c’est heureux (!)… Les contours du Cap Horn se rapprochent ! Plus que 3 000 milles à franchir. Malgré 2 grosses déviations dans mon tracé, et après un bon temps de repos pour récupérer mes forces, je suis de retour sur la bonne route, poussé gentiment par un anticyclone.

Le routage météo idéal nous emmènerait normalement plus au Sud, pour aller surfer sur les contours d’une dépression, mais il y fait beaucoup plus froid ! Bien que ce soit une route plus lente, j’ai donc décidé de rester un peu au Nord… Et notre objectif d’un (re)Tour du Monde en 60 jours reste atteignable ! Enfin, cela est sans compter sur la loi du Professeur Murphy… On ne sait jamais rien en avance !

Pour vous en dire plus, nous avions déjà diagnostiqué un léger problème dans notre système de pilote automatique NKE lorsque celui-ci était en mode « Haute Performance ». De temps à autre, celui-ci s’arrêtait tout simplement de fonctionner. Avant notre départ, nous avions confié cette difficulté à l’agent néozélandais de NKE. Il été parvenu à me soutirer 500 dollars pour m’apprendre qu’il ne comprenait pas le système et ne pouvait pas le réparer. Par téléphone ou internet, le fabricant français n’avait malheureusement pas pu nous aider non plus. Malgré ça, nous avions décidé de partir quand même, sachant que nous pouvions quand même faire totalement confiance au pilote tant qu’il n’était pas en mode « Haute Performance ». C’était un risque calculé…

Sur la première partie de ma route, le mode HD a fonctionné sans aucun problème. Et, pris de confiance, je l’ai laissé fonctionner alors que j’allais dormir. J’avais fait là une erreur de jugement manifeste. Le vent est monté et bien sûr le pilote a décroché. Nous avons fait un empannage sauvage spectaculaire, ce qui a entrainé la casse de 3 lattes de grand voile. Heureusement le mât n’a subi aucun dommage.

Sur l’Océan, ballotté de tous les côtés dans un espace réduit, j’ai du accomplir un effort physique qui même sur terre aurait été considéré par beaucoup comme un exercice très difficile. D’abord j’ai dû affaler la grand-voile et extraire les lattes, un gros boulot. Puis j’ai fait la réparation en utilisant l’équivalent d’une puissante perceuse sans fil, ce qui a entraîné un chantier plein de poussière de carbone.

Enfin, j’ai réussi à remettre les lattes en place, ce qui n’était pas une mince affaire.

Alors que j’avais l’impression d’être plutôt en bonne forme, après avoir été balancé de droite et de gauche dans toutes les directions, toutes les parties de mon corps me font mal et tous les mouvements sont difficiles. Mais bonne chose, je suis maintenant en mode « récupération » ! Franchement je ne me serais pas cru capable de faire tout ça, mais c’est dingue de se rendre compte de ce que l’on est capable de faire lorsqu’on n’a pas le choix et qu’il faut remettre la voile en route… C’est un moment de fierté !

Pour supporter ma fierté, à bord je peux compter sur « Adolf », le singe en peluche qui est du voyage. Il est aussi accompagné d’un petit ours en peluche donné par Steve Fisher de « Spirit of Adventure Trust » et du petit « Paddy », le Leprechaun(1) du Duty Free de Dublin !

Bien qu’en peluche, Adolf le singe représente bien le souci qui est constamment sur mes épaules et que je partage avec l’équipe du Souffle du Nord, de réussir à accomplir notre challenge… finir notre Vendée Globe non-officiel !

Comme j’ai déjà pu vous le dire, il ne faut pas toujours chercher la logique dans la logique, la vie est ainsi faite. Merci à tous de partager cette aventure avec moi, et merci pour vos encouragements !

Alors levons nos verres et portons tous ensemble un toast avec le professeur Murphy – auquel vous me permettrez d’associer Lady Nicola, mon héroïne personnelle, avec laquelle j’ai en commun de partager la planète et un partenariat Irlando-français sur son projet de mise sur le marché de produits de protection des cultures non brevetés de haute qualité :

To the Wind that blows
And the ship that goes
And the lass to loves a sailor

A la santé du vent qui souffle
Et du bateau qui part
Et de la jeune fille amoureuse d’un marin

—-

(1) Un leprechaun (en irlandais : leipreachán) est une créature humanoïde imaginaire issue du folklore irlandais. Il est souvent représenté sous forme d’un vieil homme de petite taille avec une barbe, coiffé d’un chapeau et vêtu de rouge ou de vert. Le leprechaun passerait son temps à fabriquer des chaussures, commettre des farces et compter ses pièces d’or qu’il conserve dans un chaudron caché au pied d’un arc-en-ciel. Si jamais il se fait capturer, il peut exaucer trois vœux en échange de sa libération.

NB : traduction libre et poétique de l’équipe du Souffle du Nord !

Une variante plus détaillée de la loi de Murphy

« S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un quelque part pour emprunter cette voie. »

C’est notamment une loi qui est extrêmement utilisée dans le secteur du design industriel et qui a permis la mise en place de « détrompeur » pour les batteries d’appareils photos, etc…

Attention, à ne pas confondre avec la « loi de l’emmerdement maximal » (LEM) ou « loi de la vexation universelle ». Cette loi énonce que quand quelque chose tourne mal, quelque chose de pire arrive toujours à ce moment là.

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