// Article de Francois Launay, publié dans « 20 minutes » du 29 novembre 2016

Thomas Ruyant pointe à la hutième place du Vendée Globe — Pierre Bouras

La nuit a été courte. Joint mardi matin à bord de son bateau Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine, Thomas Ruyant n’a pas beaucoup dormi. Réveillé en pleine nuit par un gros coup de vent, il s’est fait une belle frayeur avant de remettre les choses en ordre et de poursuivre sa belle aventure, direction le Cap de Bonne Espérance et l’entrée dans l’Océan Indien, un monde inconnu pour lui.

Après 23 jours de course, le Nordiste pointe à la huitième position de son premier Vendée Globe qu’il accepte de nous raconter deux fois par mois pour 20 Minutes

Grosse frayeur nocturne

 La nuit de lundi à mardi a été un peu agitée. J’ai fait une petite sortie de piste et j’ai dû remettre le bateau à l’endroit. J’étais en train de dormir et le vent est monté d’un coup à 35 nœuds (65 km/h). Le bateau a accéléré brutalement et ça m’a fait ouvrir l’œil. Je me suis retrouvé couché sur l’eau pendant 15-20 minutes, le temps de remettre les choses dans l’ordre pour éviter la casse. C’est la première fois que ça m’arrive sur un bateau mais je n’ai pas eu le temps d’avoir peur. J’ai vite réagi. Mais ça m’a bien rincé et ça m’a fait perdre un peu de temps. C’est juste pas très drôle comme réveil 

Thomas Ruyant se prend en photo au beau milieu de l’Attlantique – Thomas Ruyant

Premier pépin technique

J’ai aussi eu mon premier souci technique lundi. J’ai dû remplacer deux chariots [qui permettent de hisser les voiles]. Pour le faire, Il a fallu que j’affale ma grand-voile sous 25 nœuds (45 km/h), ce qui n’est pas très facile. J’ai remplacé mes deux chariots abîmés puis j’ai dû de nouveau hisser ma grand-voile. C’est une opération qui m’a pris deux heures. Pendant la réparation, je continuais quand même à avancer mais j’allais nettement moins vite. Heureusement, je n’ai pas perdu trop de temps.

Le Souffle du Nord, un projet porté par de nombreux Nordistes – Pierre Bouras

Une concurrence qui rassure

 Après trois semaines de course, je suis hyper content car je suis dans le top 10 [8e]. Je suis aussi rassuré car je navigue à proximité de deux marins expérimentés comme Jean-Pierre Dick [7e] et Jean Le Cam [9e]. C’est chouette d’être à côté de ces mecs-là avant d’entrer dans les mers australes que je ne connais pas du tout. La concurrence, ce sont nos meilleurs chiens de garde. Que ce soit en termes de sécurité ou en termes de performance, c’est toujours bien de naviguer ensemble. Ça tire vers le haut car on est des compétiteurs. Et puis, c’est plus sympa que d’être tout seul avec des bateaux à 400 miles devant ou 400 miles derrière. L’organisation nous autorise à communiquer entre nous, s’envoyer des mails ou s’appeler. Mais je ne l’ai fait que deux fois depuis le début en envoyant un mail à Alan Roura et en appelant Vincent Riou 

Hygiène, ménage et cinéma à bord du bateau

 J’essaie d’être bien organisé. Je ne saute aucun repas et j’ai fait un grand ménage lundi à l’intérieur du bateau. Je vais aussi essayer de me raser assez vite quand j’aurai le temps. Je me sens bien sur le bateau. En ce moment, j’écoute pas mal de musique. Je me suis aussi regardé deux films : La fille sur le pont avec Vanessa Paradis et un autre film avec Lindsey Lohan dont j’ai déjà oublié le titre (rires). Et j’ai enfin commencé à bouquiner. Je suis en train de lire un livre burlesque, comique qui s’appelle Moi Surunen, libérateur des peuples opprimés. C’est ma copine qui m’a préparé une petite bibliothèque. 

La cabine depuis laquelle Ruyant va gérer sa course – F;Launay

L’Océan Indien de tous les dangers

 Pour la première fois de ma vie, je passe de mardi lecap de Bonne Espérance en bateau. Je vais me boire une bière pour fêter ça. C’est le premier des trois caps mythiques du Vendée Globe avec le cap Leeuwin et le cap Horn. Bonne Espérance marque surtout l’entrée dans les mers du Sud. Maintenant, place à l’Océan Indien qui est sans doute le plus compliqué à traverser. Il y a des hautes pressions au nord et la limite des glaces au sud. Du coup, on navigue dans un couloir qui n’est pas très large et dans lequel viennent s’engouffrer des dépressions virulentes. C’est une mer qui peut être un peu chaotique. Ce n’est pas un océan facile. Et vu la météo annoncée dans les prochains jours, il sera fidèle à sa réputation. Donc méfiance et concentration. »

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