// Article publié dans « La Voix du Nord » du 8 Décembre 2016

Thomas Ruyant sur Le Souffle du Nord, au large des Îles Kerguelen – PHOTO MARINE NATIONALE

Après avoir réparé son bateau touché par une voie d’eau, le skipper dunkerquois est reparti en course au coeur de l’Océan Indien. Il est revenu ce jeudi matin, dans son jargon de marin, sur sa folle journée de bricolage.

 J’ai repris la route hier soir après une journée un peu pénible. C’est reparti même si j’ai encore quelques petites bricoles à régler pour être à 100%. En fait, c’est la prise d’eau d’un ballast qui a découpé le fond de coque en s’ouvrant violemment sur une vague pendant un surf : je me suis retrouvé avec une colonne d’eau de 20 centimètres jusqu’au plafond ! Il a fallu réagir rapidement : j’ai colmaté dans un premier temps avec un bas de ciré le temps d’empanner, de rouler la voile devant et de faire un état des lieux. Puis j’ai réalisé un système de bouchon par l’intérieur avec de la mousse expansée, des plaques de mousse et un capuchon final en carbone, le tout étayé par l’intérieur pour maintenir l’ensemble. Ça a l’air de bien fonctionner… C’est la prise d’eau bâbord qui est désormais condamnée. Sur le moment, c’était impressionnant et je me suis dit que c’était terminé pour moi ! Mais avec un peu d’énergie, j’ai réussi à circonscrire le problème. Le moteur n’est finalement pas touché : je l’ai aspergé d’huile d’isolation électrique pour le préserver et il a démarré déjà deux fois. 

De quoi cogiter et accuser le coup physiquement…

 J’ai perdu plus d’une journée dans l’histoire et la réparation proprement dite m’a pris huit heures. J’étais fatigué et j’ai dormi comme un loir cette nuit. Je ne suis pas encore à 100% du potentiel : il faut que je valide mon bouchon. En ce moment, il y a pas mal de mer et c’est assez agité : je suis en arrière d’un front et les vagues sont assez pentues. Le vent devrait mollir dans la journée : ce sera l’occasion de faire un check-up complet du bateau qui a souffert dans 35-40 nœuds pendant que je bricolais. Maintenant, je me retrouve un peu isolé entre ceux de devant qui sont partis et ceux de derrière qui sont encore loin. Il me reste encore quasiment trois océans à parcourir : j’ai le temps de voir ! J’ai une pensée pour Kito : c’est vraiment dommage. J’ai été en contact avec le bateau de la Marine Nationale qui est venue faire des images hier et qui m’a donné des nouvelles en direct… 

Désormais huitième au classement général, Le Souffle du Nord, est en effet « seul » au monde, puisqu’il se trouve à 397 milles de Jean Le Cam (7e), et 1149 milles de Louis Burton (9e). Dans une mer toujours formée, il filait ce jeudi matin à 14 nœuds. Le vent va progressivement mollir dans la journée avant de forcir à nouveau la nuit prochaine.

Le Cléac’h et Thomson à mi-parcours
Armel Le Cléac’h et Alex Thomson, les deux hommes de tête, ont franchi ce jeudi la mi-parcours en entrant dans l’Ocean Pacifique où les attendent des conditions météorologiques difficiles.

Le skipper breton de Banque Populaire VIII a franchi la longitude de South East Cape, le point le plus méridional de la Tasmanie et porte d’entrée du Pacifique aux alentours de 13h45 (heure française). Relégué à 132 milles au pointage de 15h, Alex Thomson (Hugo Boss) devait faire de même dans la soirée.

Tout deux avaient également parcouru plus de 12 310 milles, soit plus de la moitié des 24 480 milles théoriques du Vendée Globe. S’ils maintiennent un rythme aussi élevé sur la seconde moitié de la course (plus de 17 noeuds de moyenne sur l’eau), ils boucleront le parcours en 64 jours, soit deux semaines de mieux que le temps de référence établi en 2012-2013 par François Gabart.

En attendant, Le Cléac’h et Thomson se dirigeaient jeudi vers une tempête, des vents de 35 à 40 noeuds et des heures éprouvantes. 

En prévision, j’ai bien réduit la toile.

Il faut être vigilant, à l’écoute du bateau, vérifier que rien ne s’abîme. Je navigue en bon marin. Je vais mettre la course entre parenthèses dans le gros de la dépression. Le but sera bien de préserver le bateau car on n’a pas le droit à un joker dans le Vendée Globe. Je ferai alors le bilan et si tout va bien je remettrai du charbon

expliquait Armel Le Cléac’h.

Plus de 1200 milles derrière, Paul Meilhat (SMA), nouveau troisième depuis l’abandon de Sébastien Josse, a franchi à 10h40 la longitude du cap Leeuwin sur le bateau tenant du titre. Jeudi soir, la flotte s’étalait sur plus de 6000 milles.

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