// Article de Nicolas Guillermin, publié dans « L’Humanité » du 9 Décembre 2016

Thomas Ruyant, ici à la manoeuvre, court son premier tour du monde sans escale ni assistance. Photo :Pierre Bouras

En huitième position ce jeudi, le skipper du Souffle du Nord, deuxième au classement des bizuths, a colmaté une voie d’eau en plein océan Indien. Portrait d’un marin qui court pour une ONG, le Projet Imagine.

Il rêve depuis des années de courir le Vendée Globe. Son aventure a failli tourner court, mercredi. Au beau milieu de l’océan Indien, après 31 jours de course bien maîtrisés, Thomas Ruyant a bien cru en effet que tout était terminé lorsqu’une voie d’eau s’est déclarée sur son monocoque. En manipulant son dispositif de ballast bâbord (réservoir destiné à modifier l’assiette du bateau), le skipper du voilier le Souffle du Nord s’est retrouvé les pieds dans l’eau. Après une longue journée de bricolage, sans paniquer malgré 35 nœuds de vent et une mer croisée, le Nordiste, deuxième au classement des bizuths, a réussi à colmater la brèche et filait à nouveau, ce jeudi, à plus de 20 nœuds toujours en huitième position. En espérant que ça tienne…

« Une colonne d’eau de 20 centimètres jusqu’au plafond ! »
Quelques jours avant le départ des Sables-d’Olonne, Thomas Ruyant expliquait à l’Humanité avoir fait « un stage en mécanique, composite et voilerie pour être au point pour réparer en cas d’avarie. De toute façon, je suis un compétiteur, je ne lâche rien… » Les aléas de la course lui ont permis de vérifier ses connaissances. 

Je me suis retrouvé avec une colonne d’eau de 20 centimètres jusqu’au plafond ! explique-t-il. La prise d’eau d’un ballast a découpé le fond de coque en s’ouvrant violemment sur une vague pendant un surf. J’ai colmaté dans un premier temps avec un bas de ciré, le temps d’empanner. Puis j’ai réalisé un système de bouchon par l’intérieur avec de la mousse expansée, des plaques de mousse et un capuchon final en carbone. Ça a l’air de bien fonctionner… Sur le moment, c’était impressionnant et je me suis dit que c’était terminé pour moi ! 

À 35 ans, le Dunkerquois fait partie des marins les plus prometteurs de sa génération. Vainqueur de la Transat 6.50 en 2009, puis de la Route du rhum 2010 en Class 40, le navigateur au visage poupon, aujourd’hui papa d’un petit garçon, comptait disputer le Vendée Globe 2012-2013. Faute de financements, il reste à quai et en profite pour naviguer trois saisons durant sur l’exigeant circuit Figaro, où il a fait ses gammes avant de bifurquer vers le circuit Imoca (monocoques de 60 pieds) il y a deux ans. 

Je viens de la course au large, précise celui qui a débuté la voile à 16 ans après avoir hésité entre le hockey sur glace, l’athlétisme et le triathlon. La navigation en flotte, les régates, je ne connaissais pas, j’ai beaucoup appris. 

Doté d’un budget serré de 2,5 millions d’euros sur deux ans pour cette course et d’un voilier d’ancienne génération (2007), le skipper, parrainé par 165 entreprises mécènes et plus de 1 000 particuliers, n’a pas de marquage publicitaire sur son bateau. Seul un colibri virevolte sur ses voiles : le logo du Projet Imagine, une ONG d’information qui réalise des films documentaires sur ceux qui, discrètement, à leur niveau, viennent en aide aux autres dans notre société. 

On voulait se démarquer et montrer que les banques ou les assurances ne sont pas les seules à pouvoir s’aligner sur la ligne de départ. Bref, je voulais faire un tour du monde qui ait du sens. 

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