// Article de Frédéric Sourice, publié dans « La Voix Du Nord » du 10 Janvier 2017

Le Dunkerquois n’a pas digéré son abandon, mais il n’a pas voulu perdre de temps pour faire passer ses messages. Il espère être au départ du Vendée Globe 2020 avec la possibilité de se frotter aux meilleurs, à armes égales.

Revenu en France le 28 décembre, 10 jours après son choc avec un OFNI, Thomas Ruyant a récupéré. Et commencé à se projeter à nouveau. Ph. Ph. PAUCHET

Ce n’est pas le théâtre dont il avait rêvé pour se raconter, esquisser la suite. Le PC course du Vendée Globe jouit pourtant d’un emplacement privilégié, à deux pas de la Tour Eiffel. Mais la douloureuse fin d’aventure de Thomas Ruyant cicatrise encore. « Je préférerais être en train de remonter l’Atlantique », lâche le Nordiste. Ce mardi, à midi, il passait en direct au journal (web-télé) du Vendée Globe.

Un zeste de maquillage, la barbe rasée, l’œil rieur, Thomas Ruyant a retrouvé son visage habituel, loin du faciès mangé par la fatigue, la tension et l’émotion à son arrivée en Nouvelle-Zélande. 

Il y a un vrai fond de fatigue. Elle est là. Importante, avoue le marin. Il y a encore une fatigue nerveuse. Il y a quand même eu 43 jours de mer, où on se fait mal, où on met beaucoup d’énergie. Plus la phase de préparation, très intensive. Et l’histoire s’arrête d’un coup. 

Mais elle s’est peut-être aussi accélérée car Thomas Ruyant était en train, si ce n’est de s’y révéler, de montrer ses compétences sur ce Vendée Globe. 

Bien sûr que j’aurais voulu revenir aux Sables, mais c’est un bilan hyper positif. J’ai pris beaucoup de plaisir sur ce demi-tour du Monde. J’ai aimé relever tous ces petits défis sur ma route. Ça n’a pas été toujours simple (sourire). On a réussi à rassembler 200 mécènes (183 entreprises), énormément de particuliers (1100). Si des gens ont d’abord suivi l’action sportive, ils ont pu découvrir le Projet imagine, les assos mises en avant, les web-séries qui font un carton sur le Net. 

Sylvain Derreumaux, le responsable du projet, ne disait pas mieux. 

Objectivement, on a vécu une aventure de dingue avec Thomas. Elle a fédéré. On a un événement à Roubaix demain (ce jeudi soir). On devrait être 1 200. 

Le Souffle du Nord, qui a d’abord vocation à mettre en lumière l’ONG de Frédérique Bedos, le Projet imagine, a profité d’un accélérateur de particules avec le parcours de Thomas Ruyant. Repartira-t-elle avec le Dunkerquois ? Rien n’est tranché.

Le Nordiste a communiqué clairement pour préparer la suite. 

Je suis content d’avoir régaté au contact avec des gars comme Le Cam, Dick. Ça donne envie d’aller plus loin, d’être au départ en 2020 avec les moyens de jouer avec les leaders. 

Ça passera par un coup de fil. L’envie d’un sponsor. Le Cam, Gabart ont fait la pub du Dunkerquois. Ce mardi, pendant l’émission, Éric Bellion, joint près du Cap Horn, a ajouté une couche. « Je ne pense pas être le seul à me dire que t’es capable de gagner le Vendée. » La reconnaissance de ses pairs, ça peut aussi aider.