Log 77, Acte II – Le Souffle du Nord Kilcullen Team Ireland

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Log 77, Acte II
Le Souffle du Nord Kilcullen Team Ireland
Par Enda O’Coineen & son équipe,

19 novembre,
Auckland

Nous sommes arrivés à Auckland avec un vent portant de 35/40 nœuds. Nous avons traversé la « Bay of Plenty » (en français « la baie d’abondance ») après avoir négocié le « East Cape », notre petit Cap Horn ! Avant cela nous évoluions depuis Wellington sur des allures de près pour remonter au vent. Les Imoca 60 ne sont pas vraiment heureux de naviguer à ce type d’allure avec des mers formées, et leur équipage l’est encore moins.

Nous sommes maintenant à mi-parcours autour des 2 énormes îles et des nombreux systèmes météo qui composent la Nouvelle Zélande. Vous l’avez compris, ce tour du pays des Kiwi, que nous terminerons à la voile jusqu’à Dunedine, est un aparté de l’objectif final de notre équipage Souffle du Nord Team Ireland : terminer notre tour du monde !

A certains moments, et en particulier dans le Sud, le climat peut être à un endroit sub-antartique, et à un autre sub-tropical. Les tempêtes qu’on y rencontre feraient passer les vents d’hivers de la côte Ouest de la France pour une fête d’anniversaire telle leur nature est féroce et dramatique. C’est un pays gouverné par les systèmes météo avec des climats très divers.

Notre trajet vers Auckland a eu sa dose de difficultés. Je pense notamment à un gybe difficile dans l’obscurité qui a eu raison d’un chariot de grand-voile… Nous l’avons réparé, et c’était une leçon à prendre que de se rendre compte que nous sommes sur un bateau avec ses fragilités, nous sommes fragiles, et l’océan – qui recouvre les 2/3 de notre petite planète – ne connaît aucune autre émotion que la fureur et est indifférent au destin des Hommes.

Nous avons été accueillis à l’arrivée par une bande de jeunes filles Néozélandaises… Elles étaient très clairement attirées par no 2 jeunes équipiers du Souffle du Nord, Maxime et Pierre-Antoine. Pour autant, leur skipper plus âgé pourrait lui aussi avoir gagné quelques points en discutant avec leurs mères qui tentaient de contrôler leurs filles qui elles-mêmes célébraient leurs 18 ans avec un petit verre dans le nez ! La photo ci-joint dit tout sur ce moment.

« And to the ship that goes
The wind that blows
And the lass who loves a sailor »
(in every port!)
 

« Au bateau qui s’en va
Le vent qui souffle
Et la jeune fille qui aime le marin »
(dans tous les ports !)

Les Néozélandais vouent une passion pour tout ce qui est maritime, l’océan et l’aventure. En effet, ils me paraissent tout faire avec passion – on peut dire la même chose d’ailleurs de leur rugby. Ce matin, le lendemain de notre arrivée, il faisait froid, il pleuvait et le vent soufflait fort, et nous avons vu un petit groupe de personnes qui partaient naviguer.

A de nombreux aspects, la Nouvelle Zélande est un pays « frontière », ils sont très autonomes. L’attitude « On peut le faire » est très forte. Et en ayant du toujours compter uniquement sur eux-mêmes, ils n’ont pas les « filets de sécurité » que beaucoup d’Européens ont, comme notre système de santé ou de retraite. Par comparaison, l’Irlande ou la France sont des pays de grands-mères.

Ainsi se termine ce dernier article de notre carnet de bord – je crois – jusqu’à ce que je reprenne la mer pour terminer notre voyage autour de la Nouvelle Zélande vers Dunedine, puis en solo pour rentrer jusqu’aux Sables d’Olonne.

Avant cela votre Skipper va revenir en Europe, et nous attendons avec impatience de pouvoir rencontrer une délégation du Souffle du Nord à Dublin le 30 novembre pour toute une journée. Celle-ci sera l’occasion de relancer notre programme « Adventure Schools » avec la ministre Mary Mitchell O’Connor, de faire un déjeuner de travail sur « Comment utiliser les aventures océaniques dans l’éducation ?» et une réception à l’ambassade de France avec une délégation du Souffle du Nord, sans oublier de leur montrer ce qu’est une nuit de fête à Dublin…

Sans lien direct, mais complémentaire à notre belle aventure, les partenaires d’Atlantic Youth Trust ont exploré 16 pays tout autour du monde pour auditer leurs programmes pédagogiques maritimes pour les jeunes. Il est apparu que le modèle néozélandais est de loin le meilleur. Ici, l’association Spirit of Adventure est l’armateur du 3 mâts « Spirit of New Zealand ».

Alors du 6 au 15 janvier 2018, nous aurons un groupe de 10 jeunes irlandais qui partiront pour un voyage de 10 jours à partir d’Auckland. Ensuite du 14 au 16, nous ferons une visite officielle pour rencontrer les responsables de l’association et découvrir leur programme exceptionnel. Cela sera très enrichissant pour développer notre association « Atlantic Youth Trust », pas uniquement comme un projet irlandais, mais aussi en tant que projet européen.

D’autres activités sont aussi prévues pour cet échange, et pas des moindres, comme aller jeter un œil à la Coupe de l’America qui est bien gardée au « Royal New Zealand Yacht Squadron ».

Ensuite, aux environs du 16 janvier, nous prévoyons de repartir en équipage pour passer au dessus du cap nord-ouest de la Nouvelle Zélande, puis 1000 milles au Sud, puis contourner le sud de la Nouvelle Zélande pour finir notre tour du pays des Kiwis. Ce sera un bon échauffement pour le départ en solo, autour du 25 janvier vers les Sables d’Olonne pour terminer non-officiellement le « Vendée Globe avec une escale » !

D’ici là, nous attendons avec impatience notre prochain article « en mer », et nous vous remercions de vivre avec nous notre mission, notre vision, et notre aventure !
Merci de laissez les rêveurs rêver !

Enda O’Coineen