Tempête australe

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_bo_6191-retouche-webC’est peut-être la plus grosse tempête depuis le départ de ce Vendée Globe 2016 à laquelle les concurrents naviguant au sud de l’Australie vont être confrontés. Une énorme dépression est en effet en train de se creuser précisément en travers de l’étroit goulet préfiguré par le continent australien et la zone d’exclusion des glaces au sud.

La route vers la Nouvelle Zélande se bouche ainsi brutalement pour les protagonistes emmenés par le groupe Yan Eliès, Jean-Pierre Dick et Jean Le Cam. Ce sont bien ces trois navigateurs qui commencent dès ce matin à faire le dos rond, en fuite comme Yan Eliès devant des flux de plus de 60 nœuds, en capacité de lever une mer énorme. Jean Pierre Dick a carrément mis cap au nord pour s’échapper via le détroit de Bass, entre Australie et Tasmanie. Jean Le Cam espère encaisser des coups de boutoir moins violents dans le sud de la dépression.

Thomas Ruyant, à quelques 600 milles du cœur de la dépression, va échapper au gros du coup de vent. Il est même en situation de profiter des circonstances pour se rapprocher de ses anciens compagnons de route. Concerné lui aussi par de forts vents d’ouest, il a considérablement allongé la foulée et vient de signer une belle journée avec près de 420 milles parcourus, à 17,4 nœuds de moyenne.

Le skipper du « Souffle du Nord pour Le Projet Imagine » a hier connu le bonheur de franchir le cap Leeuwin, au sud ouest de l’Australie. Un moment fort dans la carrière d’un marin que Thomas va pour l’heure remiser dans l’armoire à souvenirs, mobilisé par une navigation au cordeau, dans 30 nœuds de vent moyen, rafales à 35-40, et sur une mer très formée, avec 5 à 6 mètres de creux annoncés. Echaudé par ses avaries de la semaine dernière, Thomas a à cœur de franchir cette grosse difficulté météo sans encombre, tout en resserrant les écarts avec ses devanciers. Comme à l’accoutumée, c’est au dosage et au compromis que se gagne la performance.

©TbPress