Aventures australes

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_bo_1922Désormais bien isolé au coeur de l’océan Indien, séparé depuis ses stressantes tribulations de la semaine de ses camarades de jeu Jean Le Cam et Jean Pierre Dick, Thomas Ruyant poursuit gaillardement sa route vers un nouveau point de référence dans son Vendée Globe, le cap Leeuwin, au sud ouest de l’Australie.

A moins de 1 200 milles de l’étrave de son « Souffle du Nord pour Le Projet Imagine », Thomas pourrait doubler ce deuxième cap mythique d’un tour du monde à la voile, avec Bonne Espérance et le Horn, lundi prochain, au terme d’un peu plus de 35 jours de mer, soit un peu plus que le tenant du titre, François Gabart, qui en 2012 avait mis 34 jours, 10 heures et 28 minutes pour rejoindre ce même point.

Les comparaisons s’arrêtent là, tant les conditions météos d’une édition à l’autre sont différentes. L’océan Indien se montre cette année virulent et impitoyable. Il a poussé nombre de solitaires, dont le skipper du Souffle du Nord, loin dans leurs capacités à se dépasser, à se révéler. La course a ainsi pris les accents poignants de l’aventure majuscule pour l’enfant de Malo-les-Bains dont on imagine sans les mesurer vraiment les doutes, les peurs aussi, qui viennent émailler cette navigation de l’extrême.

Thomas fait front avec une capacité de réaction étonnante, sachant mettre la course entre parenthèse quand les circonstances l’imposent, mais prompt à revenir dans le match de la performance. Ce fut le cas cette nuit où Le Souffle du Nord a exploité à fond une nouvelle dépression très creuse en rapide évolution en son sud. Thomas va l’accompagner à grande vitesse, tout en s’enfonçant davantage encore vers le grand sud et la zone d’exclusion des glaces, avant un nouvel empannage pour glisser en bâbord amure cette fois, sous le continent australien. Une allure propice à solidifier et sécuriser ses nombreuses réparations de la semaine.

©TbPress

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