Thomas Ruyant : Je rentre dans mon Vendée Globe…

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– Communiqué de presse du 9 novembre 2016 –

A l’entame du quatrième jour de course dans son premier Vendée Globe, Thomas Ruyant affiche une confiance toute en modération. Satisfait de son placement sur l’eau, à portée du groupe de tête et bien décalé dans l’ouest, il entre avec appétit dans sa peau de circumnavigateur solitaire. Son bateau, admirablement préparé par Laurent Bourguès et son équipe, renforce le sentiment de bien-être et du bien naviguer ressenti dès le départ des Sables d’Olonne. Un départ dont la puissance émotionnelle a fortement marqué le skipper du « Souffle du Nord pour le Projet Imagine ». Un épisode éminemment tactique s’avance avec la traversée ce jour d’une « langue » anticyclonique au large de Gibraltar, émanation des masses de hautes pressions des Açores, qui va exiger une navigation pleine de subtilité de la part des navigateurs solitaires à la recherche du juste moment où déclencher un empannage décisif pour la suite de la descente vers les Canaries, les îles du Cap Vert et l’Equateur.

Avec 880 milles déjà avalés depuis dimanche, Thomas Ruyant n’a guère perdu de temps à s’amariner et à jouer crânement sa carte d’outsider. 12ème aujourd’hui au pointage de la mi-journée, il bataille avec les voiliers de conception similaire à son « Souffle du Nord pour le Projet Imagine », plan VPLP Verdier de 2007, les Finistère Mer Vent (Jean Le Cam), Quéguiner Leucémie espoir, (Yann Eliès), Initiatives Cœur (Tanguy Delamotte) ou Bastide Otio (Kito De Pavant). Au delà du très volatile et provisoire classement général, Thomas se réjouit surtout de sa belle et rapide entrée en matière ;

« Mes débuts de course ne sont jamais très simples, question sommeil et nourriture ; j’ai habituellement besoin de m’acclimater » reconnaît-il. « Depuis 24 heures, je suis à l’aise sur mon bateau, je mange avec appétit et je commence à m’octroyer de jolies siestes. Le départ a été dingue… ce chenal ! C’est un film ! Etonnant ! J’ai gardé la boule au ventre pendant un bon moment. C’était bien de partir. Les foilers vont vite mais je m’attendais à les voir partir dans le golfe de Gascogne. La hiérarchie est actuellement respectée. »

Le Vendée Globe a très vite pris toute sa dimension tactique, sportive et stratégique dans la vie de Thomas le solitaire. Gestion du bateau, du marin, de la météo, de son placement par rapport à la concurrence et aux caprices de l’anticyclone des Açores mobilisent toute son attention, et ce, avec un certain bonheur :

« Je suis bien par rapport à mes concurrents directs, Kito, Jean, Tanguy… Je suis surtout bien content de mon placement dans l’ouest. On verra le résultat après avoir contourné l’anticyclone mais je suis confiant. Les leaders vont vite et ça part par devant. Je vais essayer de recoller avant la traversée de la dorsale. »

Les heures qui viennent s’annoncent en effet déjà cruciales. A l’instar des leaders toujours emmenés par Armel le Cléac’h (Banque Populaire VIII), le groupe Ruyant tâtonne depuis ce matin en bordure du centre de l’anticyclone, à la recherche de cette rotation du vent d’ouest au nord ouest, puis nord est, signes avant coureurs de l’alizée. Il sera temps alors de déclencher l’empannage en bâbord amure, pour caler « Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine » sur un bord bâbord appelé à durer, à part quelques ajustements très localisés, jusqu’au pot au noir. Thomas s’y prépare avec lucidité :

« L’empannage dans l’anticylone va être déterminant à moyen terme. Il va conditionner le passage à Madère, aux Canaries, voire au Cap Vert. Je suis content de mon décalage ouest, car tout ce qui est pris dans l’ouest est du bonus pour la suite. La situation météo est limpide avec des alizés bien en place. Un vrai cas d’école… »