A 17 jours d’un tour du Monde

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S’il est des sentiers que le Dunkerquois Thomas Ruyant ne cherche pas à arpenter, ce sont bien ceux de la gloire. Sa passion pour la mer, les bateaux et la course au large va pourtant, et à son âme défendant, le propulser dans quelques jours au coeur du bouillonnant chaudron populaire d’un départ de Vendée Globe aux Sables d’Olonne. Thomas s’y prépare avec un détachement qui relèverait presque de la candeur, si le skipper porteur des couleurs et des espoirs du « Souffle du Nord pour Le Projet Imagine », n’intégrait pas depuis plusieurs mois tous les paramètres techniques mais aussi psychologiques d’un immense défi personnel, un tour du monde en solitaire, à la voile, sans escale et sans assistance.

Souriant, affable, Thomas Ruyant va jusqu’au départ programmé pour le dimanche 6 novembre prochain se prêter de la meilleure grâce du monde aux innombrables sollicitations médiatiques et populaires induites par cet Everest de la course au large. Fier du parcours qui l’a, en quelques années seulement, conduit de sa passion première pour le Hockey sur glace au plus grand défi de la course au large, Thomas s’avance aux Sables d’Olonne auréolé d’un projet en tous points conformes à ses convictions. Il porte l’ONG Projet Imagine qui le place virtuellement en porte drapeau de 166 organisations-mécènes et d’un millier de supporters anonymes convaincus qu’à l’instar du colibri peint dans sa grand voile, chacun peut, à son échelle, participer à rendre le monde meilleur. Naviguer pour une cause, pour une belle idée, constitue pour Thomas ce petit supplément d’humanisme qui donne encore plus de sens à son engagement pour mener à bien le pari de toute une vie.

Echanges avec le public, rencontres médiatiques, disponibilité envers ses partenaires, quelques sessions de surf, quelques jours de vacances la semaine prochaine… remplissent l’essentiel des journées de Thomas. Mais derrière le sourire avenant et les yeux rieurs, défilent déjà, répétés en boucle, les premiers gestes du marin en route pour 40 000 km d’une aventure qu’aucun progrès technologique ne peut banaliser. « La charge émotionnelle du départ sera colossale » reconnait-il. « Je m’y prépare en sachant que la réalité dépassera certainement mes plus folles estimations. Cette descente du chenal des Sables est, je le sais, indescriptible. » De l’émotion, des rires, des larmes… et de l’impatience aussi. Une petite lumière s’est allumée depuis son arrivée la semaine dernière aux Sables d’Olonne dans le regard bleu du Dunkerquois de 35 ans. Celle de plus en plus flamboyante d’une liberté magique propre au navigateur qui n’aura plus dimanche 6 novembre au soir pour seul horizon que l’immensité du monde marin. Free at last, free at last !

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